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Toujours seule
Toujours seule, mais jamais vide.
Il y a des solitudes qui ressemblent à des abandons, et d’autres qui deviennent des temples.
Elle marche souvent seule, non parce que personne ne peut l’accompagner, mais parce que peu savent marcher à la profondeur de son silence. Elle a appris à ne plus courir après les présences qui réchauffent une heure et refroidissent l’âme ensuite. Elle a appris que certaines compagnies fatiguent plus que l’absence.
Toujours seule, oui, mais avec un monde entier à l’intérieur.
Des pensées qui voyagent loin.
Des rêves qui ne demandent pas la permission d’exister.
Des blessures qui, peu à peu, deviennent de la lumière.
Elle a longtemps cru que la solitude était une preuve qu’elle n’était pas choisie. Puis un jour, elle a compris autre chose : parfois, la vie retire les mauvaises présences pour protéger ce qui est précieux en nous. Elle éloigne le bruit, les faux liens, les regards qui ne voient pas, afin que l’être retrouve enfin sa propre voix.
Toujours seule ne veut pas dire sans amour.
Cela veut dire qu’elle ne veut plus d’un amour qui l’éteint.
Elle préfère une chambre silencieuse à une présence qui ment.
Elle préfère la paix d’un soir calme à la guerre d’un cœur mal accompagné.
Et dans cette solitude, elle se reconstruit.
Elle devient plus droite, plus fine, plus vraie.
Elle n’attend plus qu’on vienne la sauver.
Elle apprend à devenir sa propre maison.
Un jour, peut-être, quelqu’un viendra.
Pas pour combler un vide.
Pas pour posséder son ciel.
Mais pour marcher près d’elle avec respect, comme on entre dans un jardin sacré.
Et ce jour-là, elle ne sera plus seule par manque.
Elle sera accompagnée par choix.